| |
|
Pendant des siècles, l’embouchure du Saguenay a été le point de rencontre des différentes nations autochtones venues commercer avec les Innus (Montagnais). C’est pourquoi les Français y avaient érigé, dès l’année 1600, un poste de traite. Les Innus qui de tout temps ont fréquenté cette région, désignaient l’actuelle rivière des Escoumins du nom de Esh (coquillage) Shipi (rivière) qui est devenue Essipit : la rivière aux coquillages.
|
|
En savoir plus...
|
|
Journal Tipatshimun / 
|
|
|
|
|
Marc Chaloult, conseiller en communication
Conseil de la Première Nation des Innus Essipt
32, rue de la Réserve (Essipit)
Les Escoumins (Québec) G0T 1K0
| Téléphone |
: 418 233-2509 |
| Télécopieur |
: 418 233-2888 |
Maryse Tremblay, webmestre
Voici des sites qui sont en mesure de vous intéresser.
Conseil tribal Mamuitun mak Nutakuan/négociations
Mashteuiatsh
Entreprises Essipit (tourisme)
Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
Institut culturel et éducatif montagnais
Mouvement pour les peuples indigènes
Amnistie internationale
Agence Mamu Innu Kaikusseht (AMIK)
Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam
Assemblée des Premières Nations
Commission de développement des ressources
Humaines des Premières Nations du Québec
Commission de développement économique
des Premières Nations du Québec et du Labrador
Commission de la Santé et des Services sociaux
des Premières Nations du Québec et du Labrador
Conseil en éducation des Premières Nations
Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada
Secrétariat aux Affaires autochtones
|
|


Sylvain Ross,
conseiller juridique
|
La voie de la négociation
Pendant que certaines bandes innues choisissent de défendre leurs droits devant les tribunaux, notre communauté a opté pour une autre voie : celle de la négociation.
Pour l’avenir de nos enfants, nous avons choisi de nous asseoir avec des représentants des gouvernements fédéral et provincial, et sommes présentement à négocier sur la base d’une Entente de principe (signée le 31 mars 2004), un traité qui permettra de réaliser notre projet de société et déterminera la forme de relation que nous souhaitons entretenir avec les sociétés canadienne et québécoise.
En savoir plus...
De l’Entente au traité
Il est important de retenir que l’Entente de principe n’a pas de portée légale; sa structure, son orientation et ses principes orientent la rédaction d’un traité qui, lui, aura des effets juridiques au sens des articles 25 et 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
Le Conseil tribal
Le sentier de la négociation, nous ne l’avons pas emprunté seul. Notre Première Nation s’est unie avec celle de Mashteuiatsh et de Nutashkuan. Ensemble, nous avons créé le Conseil tribal Mamuitun mak Nutakuan chargé de nous représenter dans le cadre des négociations territoriales avec les gouvernements du Canada et du Québec.
Dans un esprit de conciliation
Ces négociations complexes exigent des compromis de part et d’autre. Elles ont pour but, entre autres, de concilier la présence historique et continue de nos Premières Nations avec l’affirmation de la souveraineté de la Couronne. Cette conciliation de nos droits ancestraux, y compris notre titre aborigène avec les droits de la Couronne, s’exerce sur notre territoire faisant l’objet de la négociation, nitassinan qui signifie dans notre langue : notre territoire ancestral.
Sur la base de l’Entente de principe, on peut anticiper les grandes lignes du traité.
|
|
Préambule et dispositions générales
Les premiers chapitres contiendront le préambule et les dispositions générales qui assureront la reconnaissance, la confirmation et la continuation des droits ancestraux des Premières Nations, y compris le titre aborigène.
En savoir plus...
Lien avec le nitassinan
Le traité conciliera la présence antérieure des Premières Nations et l’affirmation de la souveraineté de la Couronne. Il y sera précisé que les Premières Nations entretiennent avec leur territoire ancestral, le nitassinan, un rapport et un lien qui ont une importance fondamentale pour leur culture distinctive. C’est sur le nitassinan que s’exercera Innu Aitun (activités traditionnelles).
Une approche participative
La participation des Innus à la gestion du nitassinan, des ressources naturelles et de l’environnement, s’exercera sur l’ensemble du territoire. Notre participation se traduira par une prise en compte de nos droits, intérêts et préoccupations. Le traité garantira la participation des Innus dans les processus décisionnels gouvernementaux actuels. Nous bénéficierons ainsi d’un partage des redevances liées à l’exploitation des ressources naturelles fixé pour l’instant à un minimum de 3 %. Soulignons que le préambule reconnaîtra le besoin de rattrapage socioéconomique des Premières Nations innues signataires du traité.
Le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale
Celui-ci est compris dans les droits ancestraux et ses effets s’exerceront par chacune des Premières Nations sur l'Innu Assi et, lorsque prévu, dans le traité à l’extérieur de l'Innu Assi.
|
|
Le régime territorial
Le quatrième chapitre du traité portera sur le régime territorial. Le nitassinan respectif de chacune des Premières Nations de Mamuitun y sera précisé et ajusté en tenant compte des territoires Atikamekws, de ceux d’Uashat mak Mani-Utenam et de Mamit Innuat. La délimitation et la superficie de l'Innu Assi seront décrites de même que celles des sites patrimoniaux et des parcs innus.
En savoir plus...
Différents statuts
Certains sites patrimoniaux auront un statut de d'Innu Assi, d’autres seront assujettis à une réglementation québécoise mutuellement convenue et adaptée afin de protéger leur caractère patrimonial.
Les parcs innus seront administrés exclusivement par les Innu-tshishe-utshimau (gouvernement innu) en vertu d’une fiducie perpétuelle ou d’un bail à long terme renouvelable à perpétuité.
Les séances de négociation tiennent compte de l’analyse du concept, des principes et de la localisation d’aires d’aménagement et de développement innues (AADI).
|
|
Le droit à la pratique d’Innu Aitun
C’est au chapitre 5 du traité que l’on reconnaîtra la continuité, les objectifs généraux poursuivis et le cadre du droit à la pratique de l’Innu Aitun. Les parties visent la compatibilité du droit de pratiquer Innu Aitun avec l’exploitation des ressources naturelles, le développement durable, la conservation des espèces, la protection des habitats fauniques et de la biodiversité. Ces dispositions prévoient une priorité de prélèvement des ressources fauniques par les Innus, mais aussi leur partage avec les autres utilisateurs.
En savoir plus...
La participation réelle
Grâce au traité, il y aura consultation continue en matière de gestion de la faune. Les Innus participeront aux stratégies de conservation, de production et de mise en valeur de la faune.
Suivant leurs compétences respectives, les gouvernements du Canada et du Québec s’engagent à assurer la participation réelle et significative des Innu-tshishe-utshimau dans le processus de décision relatif à la gestion du territoire, de l’environnement et des ressources naturelles sur nitassinan.
Une mise en pratique
Il est à noter que, compte tenu du caractère novateur de cette formule, la participation des Innus aux processus de gestion du territoire, des ressources et de l’environnement, sera sur une base volontaire et expérimentale d’ici au traité.
|
|
Les redevances
Le chapitre 7 de l’Entente de principe prévoit que les Innu-tshishe-utshimau auront droit à une part des redevances perçues par le gouvernement du Québec sur les ressources naturelles du nitassinan qui ne sera pas inférieure à 3 %.
|
|
L’autonomie gouvernementale
Au chapitre de l’autonomie gouvernementale, le traité reconnaîtra le statut juridique des Premières Nations et elles pourront exercer des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires inhérents à leur autonomie.
Ce pouvoir d’adopter des lois s’appliquera essentiellement sur l'Innu Assi, et aux personnes qui s’y trouvent, et dans certains domaines tels l'Innu Aitun, sur nitassinan. Dans la mesure de leur acceptation volontaire, certaines lois innues pourront s’appliquer aux Innus des Premières Nations en dehors de l'Innu Assi, dans la mesure de leur compatibilité avec les lois déjà en vigueur où ils résident.
En savoir plus...
Au-dessus des lois fédérales
À l’exception de la question du « statut indien », les lois innues auront prépondérance sur la Loi sur les Indiens, dans les matières prévues par le traité.
Au-dessus des lois provinciales
Quant aux lois du Québec, la prépondérance des lois innues touchera toute matière relative à l’organisation, au bien-être général, au développement et au bon gouvernement de leurs sociétés, de leurs membres et de leurs institutions.
Parmi les domaines où s’appliqueront les lois innues, citons la langue, la culture, le contrôle et la gestion de l'Innu Assi et de ses ressources, l’environnement, l’éducation préscolaire, primaire, secondaire et des adultes, la sécurité publique, les organismes de santé, la sécurité du revenu et le développement de la main-d’œuvre.
Prérogatives fédérales et provinciales
La Constitution du Canada, y compris sa Charte des droits et libertés, la Charte québécoise des droits et libertés de même que les lois d’application générale canadiennes et québécoises continueront de s’appliquer aux Innus. Ceux-ci pourront, par ailleurs, se doter de leur propre charte innue des droits et libertés.
Le traité aura préséance sur les lois d’application générale et les lois de sa mise en œuvre l’emporteront sur toute autre loi incompatible.
|
|
L’administration de la justice
Le traité permettra la mise en place d’un système de justice innue de même que d’un tribunal innu de première instance et qui sera responsable de l’administration des lois innues.
En matière de sécurité publique, les assemblées législatives innues pourront adopter des lois visant la mise en place de corps policiers responsables de l’application des lois innues, du Québec et du Canada, à l’intérieur de l’Innu Assi ou à l’extérieur, selon les compétences prévues au traité.
|
|
Arrangements financiers
L’Entente de principe contient un certain nombre de montants financiers qui, sous forme de dotation de capital (Canada) ou d’indemnité de compensation pour des développements passés (Québec), seront versés aux Premières Nations de Mamuitun.
Les quelques centaines de millions ainsi récupérés ne pourront assurer une pleine autonomie gouvernementale; l’entente prévoit donc d’autres mécanismes à cet effet.
|
|
Le financement
Le financement de l’autonomie gouvernementale est une responsabilité conjointe des parties dans un objectif de financement décroissant du Canada et du Québec.
Les ententes seront d’une durée de cinq ans et renouvelables en fonction de la capacité d’autofinancement des Innu-tshishe-utshimau, de leurs besoins en matière de participation réelle, et du degré d’harmonisation des services et programmes disponibles sur l'Innu Assi et dans les collectivités environnantes.
Les Premières Nations seront redevables à leurs citoyens en matière d’imputabilité financière selon des standards reconnus.
|
|
La fiscalité
Les assemblées législatives innues pourront adopter des lois relatives aux mesures de financement impliquant une contribution directe de leurs membres. Les parties pourront conclure des ententes complémentaires sur le partage et la perception de ces montants.
Le traité déterminera des règles de transition entre le régime d’exemption fiscale de la Loi sur les Indiens et l’introduction d’un régime fiscal innu.
|
|
Le développement socioéconomique
On prévoit à ce chapitre des mesures d’accès pour les Innus aux activités de pêche commerciale, au développement de pourvoiries, à l’aménagement et à l’exploitation de la forêt et au développement des ressources hydroélectriques.
En savoir plus...
Un rattrapage
Les règles et conditions d’exploitation de ces ressources sur nitassinan sont les mêmes que pour tous les utilisateurs, mais certaines mesures particulières pourront être convenues dans des ententes complémentaires. Les parties visent le rattrapage du niveau du développement socioéconomique des communautés avoisinantes.
35 millions de dollars
Un fonds spécial de financement paritaire tripartite de 35 millions de dollars, auquel pourront contribuer des investisseurs publics et privés, sera mis sur pied.
|
|
En conclusion
L’Entente de principe consacre ses derniers chapitres à définir les critères d’admissibilité des Innus bénéficiaires du traité, le règlement des différends, la mise en œuvre du traité et les mesures transitoires.
En savoir plus...
Ratification et mise à jour
Le traité sera ratifié par les Innus dans le cadre d’un référendum au sein de chaque Première Nation. Les modalités de ratification seront prévues au traité.
Une fois signé, une modification au traité pourra être convenue par les parties en tout temps.
Dès la septième année de son application, le traité sera réexaminé et il en sera de même par la suite sur un cycle de 20 ans.
|
|
|