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Pendant des siècles, l’embouchure du Saguenay a été le point de rencontre des différentes nations autochtones venues commercer avec les Innus (Montagnais). C’est pourquoi les Français y avaient érigé, dès l’année 1600, un poste de traite. Les Innus qui de tout temps ont fréquenté cette région, désignaient l’actuelle rivière des Escoumins du nom de Esh (coquillage) Shipi (rivière) qui est devenue Essipit : la rivière aux coquillages.
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Journal Tipatshimun / 
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Marc Chaloult, conseiller en communication
Conseil de la Première Nation des Innus Essipt
32, rue de la Réserve (Essipit)
Les Escoumins (Québec) G0T 1K0
| Téléphone |
: 418 233-2509 |
| Télécopieur |
: 418 233-2888 |
Maryse Tremblay, webmestre
Voici des sites qui sont en mesure de vous intéresser.
Conseil tribal Mamuitun mak Nutakuan/négociations
Mashteuiatsh
Entreprises Essipit (tourisme)
Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
Institut culturel et éducatif montagnais
Mouvement pour les peuples indigènes
Amnistie internationale
Agence Mamu Innu Kaikusseht (AMIK)
Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam
Assemblée des Premières Nations
Commission de développement des ressources
Humaines des Premières Nations du Québec
Commission de développement économique
des Premières Nations du Québec et du Labrador
Commission de la Santé et des Services sociaux
des Premières Nations du Québec et du Labrador
Conseil en éducation des Premières Nations
Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada
Secrétariat aux Affaires autochtones
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Accord-cadre sur la gestion des terres de Premières Nations
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Qu'est-ce que l'Accord-cadre relatif à la gestion des terres des Premières Nations?
Il s'agit d'un outil législatif permettant aux Premières Nations qui le désirent, d'assumer, en toute liberté, la responsabilité de gérer elles-mêmes leurs propres terres de réserve, leurs ressources naturelles ainsi que leurs revenus, afin d'assurer le mieux-être de leurs membres.
Il a donc pour objectif de développer la capacité des Premières Nations en matière de gestion des terres et d’accroître les possibilités de développement économique sur les réserves.
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Qui est à l’origine de l’Accord-cadre ?
Il s’agit d’une initiative de quatorze Premières Nations canadiennes qui, en 1996, ont été les premières signataires de l’Accord-cadre. 
Ces mêmes quatorze Premières Nations ont fondé à l’époque, le Conseil consultatif des terres, dont l’objectif consiste, notamment, à aider d’autres Premières Nations à intégrer chez elles l’initiative de gestion des terres.
Cette initiative a ensuite été endossée par une législation fédérale, en 1999 : c’est la Loi sur la gestion des terres des Premières Nations.
Il s’agit donc d’une initiative élaborée par des Autochtones, pour des Autochtones.
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Que contient précisément cet Accord-cadre?
Rien de très compliqué; il est divisé en dix sections principales qui s'énumèrent comme suit :
Procédures d'adhésion qui indiquent comment une Première Nation peut joindre le processus.
- Droits et pouvoirs de gestion des terres des Premières Nations qui définit le cadre dans lequel s'exerce la gestion autochtone sur les terres assujetties à l'Accord-cadre.
- Pouvoir de légiférer qui définit la capacité de la Première Nation d'édicter des textes législatifs.
- Environnement qui aborde les différentes responsabilités de la Première Nation en matière de protection environnementale.
- Financement qui détermine les modalités de financement à chaque étape d'implantation et d'application de l'Accord-cadre.
- Expropriation des terres des Premières Nations par le Canada qui envisage les situations d'exception pouvant mener à une telle alternative ainsi que les indemnisations prévues en de tels cas.
- Conseil consultatif des terres qui détermine les attributions et les modes de fonctionnement de cet organisme.
- Règlement des différends qui, comme dans tout accord, définit les modes de résolution de conflits entre les parties.
- Ratification par les parties et mesures législatives, section qui détermine les modes de mise en œuvre et d'adoption de l'Accord-cadre par le gouvernement canadien.
- Questions, incluant les responsabilités, la tenue des registres, les mécanismes d'examen, etc.
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Quel intérêt y a-t-il pour Essipit d'adhérer à l'Accord-cadre?
Sous ce régime, lorsqu’Essipit voudra réaliser un projet, aucun autre gouvernement ne pourra contester son droit de développer son territoire de réserve dans le respect des lois en vigueur au Canada.
Fini donc les tracasseries juridiques et administratives qui nous étaient imposées par l'appareil gouvernemental puisque les dispositions sur la gestion des terres comprises dans les articles 53 à 60 de la Loi sur les Indiens ne s'appliqueront plus chez nous.
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Dans quels domaines précis s'exercera la gestion d'Essipit?
L'Accord-cadre prévoit que les Premières Nations se prévalant de ce régime peuvent exercer un contrôle élargi des aspects juridique, législatif, économique et environnemental sur leur propre territoire.
Dans ces champs de compétences, Essipit exercera donc un véritable rôle de gouvernement sur son territoire de réserve, où des règlements et procédures adoptés par ses membres lors d'un référendum, vont remplacer les dispositions sur la gestion des terres comprises dans la Loi sur les Indiens.
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En vertu de quel pouvoir Essipit peut-elle légiférer en matière de gestion des terres?
C’est en vertu des termes de l’Accord-cadre qui prévoient qu'Essipit devra se doter de son propre code foncier, que seront déterminés les règlements et procédures régissant la gestion des terres sur réserve.
Ce code foncier aura lui-même force de loi locale en vertu de la Loi sur la gestion des terres des Premières Nations. Rappelons, à nouveau, que pour être valide et applicable, le code foncier doit recevoir l'approbation de la majorité des membres lors d’un référendum.
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Qu’est-ce au juste qu’un code foncier?
Il s'agit d'un document précisant les éléments suivants :
- description officielle des terres visées;
- règles générales applicables en matière d'utilisation et d'occupation de ces terres;
- règles de procédures applicables en matière de transfert d'intérêts sur ces terres;
- règles générales applicables en matière de revenus tirés des ressources naturelles des terres;
- règles applicables en matière de responsabilités devant les membres de la Première Nation, en ce qui touche la gestion des terres et celle des fonds qui y sont liés;
- disposition relative au processus de consultation populaire visant l'établissement de règles applicables, en cas d'échec d'un mariage, en matière, soit d'utilisation, d'occupation ou de possession des terres, soit de partage des intérêts sur celles-ci;
- règles de promulgation et de publication des textes législatifs;
- règles applicables en matière de conflit d'intérêts;
- disposition prévoyant la constitution d'un organe chargé de régler les différends concernant les intérêts sur les terres;
- règles générales applicables en matière d'attribution ou d'expropriation, par la Première Nation, d'intérêts sur ses terres;
- règles générales applicables en matière de délégation, par le Conseil de la Première Nation, de ses pouvoirs de gestion des terres;
- procédure d'approbation en matière d'échange de terres;
- procédure de modification du code foncier.
Comme vous pouvez le constater, il y a là beaucoup d’éléments à intégrer dans notre système actuel de gestion et il faudra, pour y arriver, s’accorder une certaine période d’apprentissage et d’adaptation.
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Quelles sont les étapes à suivre afin d'accéder à ce régime de gestion des terres?
Comme nous venons de le voir, Essipit doit d'abord élaborer son propre code foncier. Elle doit ensuite négocier un accord distinct avec le ministre.
Essipit doit ensuite faire approuver par ses membres, son code foncier et l'accord distinct avec le ministre, dans le cadre d'une consultation publique. Si le vote de la communauté est positif, le processus de ratification de l'Accord-cadre sera alors complété et Essipit deviendra alors « opérationnelle ».
Il nous reste donc plusieurs étapes à franchir et celle qui consiste à vous informer est sans doute l’une des plus importantes.
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Mais pourquoi y consacrer tant d’efforts puisqu’il ne s’agit même pas d’un traité?
C’est vrai qu'il ne s'agit pas ici d'un traité, mais bien d'un accord de gouvernement à gouvernement concernant la gestion des terres des Premières Nations. 
Rappelons que cet accord n'affecte en rien :
- Nos revendications;
- Nos droits ancestraux;
- Le titre aborigène;
- La pratique d'Innu Aitun sur le nitassinan;
- Lélargissement de notre Innu Assi;
- Nos alliances avec d'autres communautés innues qui cheminent avec nous vers la signature d'un traité avec les gouvernements fédéral et provincial.
Notre Conseil de bande estime toutefois que l'intégration à Essipit de l'initiative de gestion des terres constitue un pas de plus vers notre autonomie.
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Pourquoi l'Accord-cadre n'est-il pas relié à l'Entente de principe d’ordre général?
Les quatorze Premières Nations qui sont à l'origine de l'Accord-cadre ont développé un outil de gestion des terres pouvant s'appliquer dans différentes communautés et capable de tenir compte des circonstances spécifiques à chacune d'entre elles.
Puisqu'il s'agissait de remplacer les dispositions sur la gestion des terres comprises dans la Loi sur les Indiens, par une réglementation issue de la communauté elle-même, les instigateurs de l'Accord-cadre n'ont pas jugé bon d'y inclure autre chose que des articles ayant trait à la gestion proprement dite des terres des Premières Nations.
Les négociations entreprises dans le cadre de l'Entente de principe vont, quant à elles, beaucoup plus loin, et englobent une foule d'autres préoccupations relatives, par exemple, à nos droits ancestraux, au titre aborigène, à la pratique d’Innu Aitun sur le nitassinan, à l'éventuel élargissement de notre Innu Assi ou aux ressources naturelles.
Toute disposition issue d'un traité avec les gouvernements fédéral et provincial, aura préséance sur l'Accord-cadre puisque celui-ci ne s'appliquera plus comme tel sur des terres qui alors, nous appartiendront en pleine propriété.
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Ce régime de gestion des terres d’Essipit s'appliquera-t-il sur un Innu Assi élargi suite à la ratification d'un traité?

Même si la plupart des éléments contenus dans le régime de gestion des terres des Premières Nations seront sans doute inclus dans un éventuel traité, ce régime ne s'appliquera probablement plus dans sa forme actuelle.
En effet, selon les termes inscrits à l'Entente de principe, l'Innu Assi d'Essipit cessera d'être une réserve pour devenir un territoire innu nous appartenant en pleine propriété, alors que l’Accord-cadre est un outil permettant à une Première Nation d'acquérir des droits exclusifs de gestion sur ses terres de réserve.
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Le Conseil d’Essipit ou les membres de la communauté vont-ils acquérir des droits de propriété sur les terres de la réserve?
La réponse est non! Avec l'Accord-cadre, nous n'acquerrons aucun droit exclusif de propriété, car toutes les autres dispositions de la Loi sur les Indiens continueront de s’appliquer, incluant l'insaisissabilité des terrains et bâtiments.
En clair, cela signifie qu'Essipit y gagnera des pouvoirs de gouvernance sans pour autant être en mesure d'offrir une quelconque parcelle de son territoire ou de ses bâtiments, en garantie auprès d'une banque ou d'une institution financière.
Puisque personne sur la réserve n’acquerra de droit exclusif de propriété, on peut s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche, et poser la question :
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Comment peut-on tirer avantage de l'Accord-cadre sur un territoire de 0,8 km²?
Les avantages reliés à l'adoption de l'Accord-cadre ont surtout trait au positionnement d'Essipit sur un échiquier, où se jouent son autonomie et l'avenir de ses enfants.
Dans un contexte où nos perspectives de développement économique et de rétention de nos membres sont freinées, notamment, par le peu d'espace dont nous disposons sur la réserve, il faut demeurer vigilant et ouvert à toutes les occasions qui s’offrent à nous.
Dans un monde où l'on aura plus à justifier chaque aménagement et chaque ajout aux structures existantes, l'exécution des projets sera plus rapide et plus facile puisqu'on n’aura pas à subir d’objections et barrages de questions de la part d'autres paliers décisionnels.
Le régime de gestion foncière étant entériné par une loi du gouvernement fédéral, il sera difficile d’en contester la validité ou la légitimité.
C'est ainsi que le régime de gestion des terres des Premières Nations va devenir pour nous un puissant instrument de planification à long terme et contribuer à véhiculer, parmi d’éventuels partenaires régionaux, l'image d'Essipit en tant qu'intervenant incontournable en matière de développement économique.
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En quoi l'intégration à Essipit de l'Accord-cadre va-t-elle affecter la vie de ses membres?
Difficile de prévoir tous les changements qui vont survenir dans notre communauté. Nous pensons cependant que c'est dans la manière de faire les choses et dans les perceptions que nous avons de nous-mêmes que les changements vont s'opérer.
De plus, dans un pôle de développement communautaire où l'opinion des membres revêt une importance capitale, on va permettre au processus traditionnel de consultation et de décision de prendre effet.
Par ailleurs, dans la mesure où nous transigerons d'égal à égal avec des promoteurs externes, intéressés par l'apport que peut apporter notre communauté à leurs projets, nous serons à même d'exiger que chacun respecte notre mode de fonctionnement.
Il s'agit en effet d'une question de respect de leur part, et de fierté de la nôtre.
Mentionnons également l'impact que l'application de l'Accord-cadre pourrait avoir sur nos jeunes. Alors que les générations précédentes ont plus souvent qu'autrement souffert de n'avoir aucune emprise sur le développement de leur propre milieu de vie, ce régime va rendre à nos jeunes ce qui leur est dû : un mode de fonctionnement fondé sur un contrôle élargi de leur destiné.
Ce que propose le Conseil de la Première Nation des Innus Essipit aux membres de sa communauté, est un régime qui s'inscrit dans le cadre de la démarche d'Essipit vers son autonomie; un régime qui va nous aider à assurer l'avenir de nos enfants!

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